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Sexe : en parler, c’est pas être obsédée

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Parler de sexe ne fait pas de toi une personne obsédée, juste quelqu’un de vivant, lucide et libre. Ceux qui te jugent sont ceux qui refoulent. Assumer ton désir, c’est reprendre ton pouvoir, ton corps et ta vérité. Le vrai vice, c’est le silence.

Parler de sexe, ça fait de toi une obsédée ?

Putain, faut qu’on en parle sérieusement. Parce que ras-le-bol de ces regards de travers dès que tu prononces le mot sexe sans rougir. À croire que t’as déclenché une alarme morale. T’as remarqué ? Les mêmes qui se signent dès qu’on parle de cul sont souvent ceux qui en rêvent la nuit, mais se flagellent au réveil. Hypocrites jusqu’à la moelle.

Ouais, toi, t’es à l’aise. Tu dis les mots. Tu poses les trucs clairement. Tu veux comprendre, explorer, vivre. Et pour ça, on te colle des étiquettes : obsédée, perverse, malsaine. Mais c’est pas toi le problème. Ce sont eux. Leur gêne, leur peur, leur honte de sentir quelque chose bouger entre leurs cuisses dès qu’on parle de désir.

Parler de sexe, c’est assumer qu’on est vivant

Épicure disait que « le plaisir est le commencement et la fin d’une vie heureuse ». Et il avait raison, bordel. Le plaisir, c’est pas un gadget. C’est le moteur, le carburant, la preuve qu’on est encore en vie. Parler de sexe, c’est parler de soi, de son corps, de ce qu’il ressent, de ce qu’il aime ou refuse. C’est reprendre possession de ce qu’on nous a appris à taire.

Depuis gamin, on t’a martelé : « Cache-toi, sois sage, touche pas. » Résultat ? Des générations d’adultes paumés, coincés, incapables d’exprimer un désir sans se juger. Alors ouais, ouvrir ta gueule et dire : « J’aime le sexe » ou « J’ai envie de baiser », c’est pas sale. C’est lucide.

Ceux qui jugent sont ceux qui refoulent

Freud disait que la sexualité est au cœur de l’existence humaine. Pas un truc annexe, pas une option. Au cœur. Et pourtant, la société préfère parler d’économie ou de politique que de cul. Parce que c’est dangereux : ça remue, ça excite, ça confronte.

Mais soyons clairs : ceux qui te jugent ne sont pas au-dessus de toi, ils sont prisonniers d’eux-mêmes. Ils crèvent d’envie d’en parler, mais n’osent pas. Alors ils te traitent de chienne, de perverse, de dépravée— tout ce qu’ils refoulent, ils te le balancent à la gueule. C’est leur manière minable de se rassurer : « Si elle parle de sexe, c’est qu’elle est tordue. Moi, je suis normal. »

Sauf que non, mon coco. Toi, t’as juste le courage qu’ils n’ont pas.

Le sexe, c’est pas sale, c’est politique

Faut arrêter de croire que parler de sexe, c’est vulgaire. C’est un acte de liberté. C’est politique, même. Parce que reprendre ton corps, tes mots, ton plaisir, c’est reprendre le pouvoir qu’on t’a piqué. Depuis toujours, les religions, les morales, les familles bien-pensantes ont cherché à contrôler les corps, surtout celui des femmes. Et à force, beaucoup ont fini par intégrer la honte comme réflexe.

Mais quand tu dis « J’ai du désir », tu fous un doigt d’honneur à tout ça. Tu dis que ton corps t’appartient. Que t’as le droit d’aimer, de jouir, de dire non, de dire oui, de rire en parlant de cul sans que ça veuille dire que t’as faim tout le temps.

Parler de sexe, c’est pas tout dire, c’est savoir quand

Par contre, faut pas être con non plus. On parle pas de sodomie pendant le repas du dimanche avec belle-maman. Il y a un cadre, un contexte, une écoute. Parler de sexe, c’est pas imposer, c’est partager. C’est dire les choses quand elles ont du sens, quand elles peuvent nourrir une réflexion, une intimité, un échange.

La vraie liberté, c’est de pouvoir dire : « J’ai envie » ou « Je n’ai pas envie », sans peur ni justification. C’est ça, être adulte sexuellement. Pas d’étaler ton cul, mais de comprendre ton désir, de l’assumer, de le respecter.

Le sexe, c’est de la philo incarnée

Nietzsche le disait : « Il y a plus de raison dans ton corps que dans ta meilleure sagesse. ». Le corps sait. Il sent avant toi, il pense à sa manière. Et si tu l’écoutes, il t’en dit long sur qui tu es.

Refuser d’en parler, c’est refuser de se connaître. C’est se couper de soi, comme si la tête et le sexe vivaient sur deux planètes différentes. Pourtant, c’est là que tout se joue : ton rapport au plaisir dit tout de ta liberté intérieure. Tu veux savoir qui tu es ? Parle de ce qui t’excite. Assume-le.

Les mots libèrent, pas les tabous

Les mots sont des armes. Et les prononcer, c’est déjà une victoire. Regarde Anne : femme forte, brillante, mais bouffée par la honte de ses désirs. Elle veut être soumise, humiliée, salie. Et ce qu’elle ressent, c’est pas de la perversion — c’est un cri. Un cri de vérité. Parce qu’en descendant dans la honte, elle cherche à se libérer.

C’est ça, le paradoxe du sexe : plus tu caches, plus ça pourrit. Plus tu dis, plus ça s’apaise. Les mots ne salissent pas. Ils lavent.

En conclusion : parler de sexe, c’est parler de soi

Alors non, parler de sexe ne fait pas de toi une obsédée, une déviante ou une malade. Ça fait de toi une personne honnête. Une personne entière. Une personne vivante.

Et si quelqu’un te dit le contraire, rappelle-toi ce que disait Aristote : « L’homme, comme l’animal, est fait pour le plaisir sexuel ; ce n’est pas en le niant qu’on atteint la vertu, mais en l’ordonnant. ».

Tu veux de la vertu ? Commence par dire la vérité.

Et ta vérité, elle passe par ton corps. Par ta bouche. Par tes mots. Par tes mots.

Alors parle. Et qu’ils aillent tous se faire foutre.