bisous

Se dépasser, mais pour aller où ?

On nous vend le dépassement de soi comme une vertu. Mais dans le sexe, y’a pas de trophée à la clé. Se dépasser, c’est pas briller : c’est tomber. Descendre en soi, affronter ses ombres, découvrir ce qui fait vraiment jouir. Pas pour séduire, pas pour plaire. Pour se retrouver. Nu. Vrai. Sans filtre.

se depasser

Y’a pas de podium dans une baise

Se dépasser. Le mot est beau. Noble. Ça sent le dépassement de soi, les podiums, les discours motivants. On se dépasse pour gagner. Pour briller. Pour que les autres applaudissent.

Mais dans le sexe, y’a pas de médaille.
Personne ne t’attend à la ligne d’arrivée avec une couronne de laurier et un selfie à poster sur Insta.

Dans le sexe, le dépassement, c’est pas pour les autres. C’est pour toi.
Et c’est pas toujours glorieux. C’est même souvent crade, flippant, déroutant.
C’est un miroir. Et parfois, t’aimerais bien pouvoir détourner les yeux.

  • Alors, on se dépasse, ok.
  • Mais pour aller où ?
  • Et surtout : pourquoi faire ?

Se dépasser pour exister : l’illusion du mérite

On nous l’apprend tôt : plus tu fais d’efforts, plus t’as de valeur.
À l’école. Au taf. En amour.
Alors on s’applique, on s’entraîne, on bosse nos performances sexuelles comme un CV : multi-orgasmes, endurance, créativité au lit.
Toujours plus. Toujours mieux.
Comme si la jouissance était un trophée.

On veut être bon·ne au lit comme on veut être bon·ne partout ailleurs.
Mais cette quête, elle sent la fuite.
Fuir le vide, fuir le doute, fuir l’idée qu’on pourrait ne pas être suffisant·e si on ne donne pas tout.
Fuir le regard de l’autre, surtout.
Alors on performe. On se dépasse.

Mais on ne jouit pas.
Pas vraiment.
Parce que jouir, c’est pas cocher une case. C’est lâcher.
Et pour ça, faut déjà arrêter de prouver.

2. Le sexe n’est pas une scène : c’est un face-à-face brut (et parfois bruyant)

On le répète : le sexe, c’est pas du théâtre.
C’est pas une scène où tu joues ton meilleur rôle pour rafler des applaudissements.
C’est un ring. Un lieu d’impact. De friction. D’exposition.

  • Tu n’as rien à prouver.
  • Tu as tout à ressentir.

Mais attention : ça veut pas dire que le silence est obligatoire.
Le sexe vrai, c’est pas forcément dans le calme.
Parfois, ça parle. Fort. Cru. Viscéral.

C’est là que le trash talk entre en jeu.
Ces mots lancés comme des uppercuts : « T’es à moi. »
« Tu veux que je te défonce ? »
« Ouvre. Plus grand. Maintenant. »

Quand ça vient des tripes, c’est pas de la comédie.
C’est une vérité crue, assumée, incarnée.
Le langage de ceux qui jouissent sans filtre.

Mais quand c’est plaqué, joué, copié sur une scène de porno mal doublé… ça pue le faux.
Et le faux, dans le sexe, ça tue tout.
Le trash talk, c’est pas obligatoire.
C’est pas une case à cocher.
C’est une possibilité. Un outil. Une voix brute au milieu des corps.

Le sexe n’est pas une scène.
Mais c’est peut-être la seule pièce où tu peux, enfin, parler vrai.

Le dépassement sexuel, c’est une descente – pas une ascension

Le vrai dépassement ne se fait pas vers le haut.
Il ne t’élève pas. Il te creuse.
Il ne t’emmène pas vers la lumière. Il t’enfonce dans tes ombres.

Le sexe, quand il est profond, te fait tomber.
Il t’arrache tes certitudes, ton image bien lisse, ton petit scénario de vie bien rangé.

Tu découvres que tu aimes être baisé·e salement.
Que tu veux supplier. Mordre. Contrôler. Jouer des rôles inavouables.
Que tu bandes plus fort dans la honte que dans la tendresse.
Et tu flippes. Parce que ça ne colle pas à ce que tu croyais être.

  • Mais c’est là que le vrai dépassement commence.
  • Pas dans le contrôle. Pas dans la maîtrise.
  • Dans la chute.

Dans cette descente où tu te dérobes, où tu deviens ce que tu es sous les couches.
Et parfois, c’est laid.
Parfois, c’est sublime.
Souvent, c’est les deux en même temps.

Jouir pour se retrouver, pas pour se montrer

Alors, on continue ?
On continue à courir après des performances sexuelles dignes d’un scénario Instagram-friendly ?
Ou on s’arrête un moment ?
Pour sentir. Pour plonger. Pour tomber.

Se dépasser, oui.
Mais pas pour séduire. Pas pour dominer. Pas pour gagner.
Pour se rencontrer.

Et dans cette rencontre, peut-être douloureuse, peut-être puissante…
Tu comprendras que ce que tu cherchais en haut, dans la lumière, était là, en bas, dans ton ombre.

Et qu’en t’autorisant à jouir vraiment, tu t’es peut-être, enfin, trouvé.

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