La peur, cette connasse qui a toujours raison
La peur, tu crois que c’est un signal d’alerte. Une voix prudente dans ta tête. Un truc utile qui t’évite de te cramer les ailes.
- Tu crois que ça te protège.
- Tu crois que ça t’évite les emmerdes.
- Tu crois… mais en fait, non.
La peur, elle ne prévient pas. Elle programme. Elle imprime. Elle dirige. Et surtout : elle te fait agir comme si ce que tu redoutes était déjà en train d’arriver.
T’as peur de ne pas être assez désirable ? Tu deviens lisse, prévisible, sans aspérité.
T’as peur de perdre ton partenaire ? Tu sur-rassures, tu t’écrases, tu bousilles ton magnétisme.
T’as peur de te faire dominer trop fort ? Tu refuses d’explorer, tu restes dans le tiède, tu te prives de cette jouissance brute que t’as pourtant fantasmée mille fois.
Et là, magie noire : ce que tu fuis, tu le crées.
Tu confirmes la peur. Tu la nourris. Tu lui donnes toutes les raisons d’exister.
C’est ça, le piège : la peur engendre la raison d’avoir peur.
Et dans la sexualité, que tu sois vanille ou attaché·e à un radiateur, cette boucle mentale peut te bousiller ton feu intérieur.
Parfait, on enchaîne alors. Voici le premier point : brutal, lucide, organique.
Le cercle vicieux de la peur
La peur, ce n’est pas juste une sensation. C’est un moteur. Invisible, mais tenace.
Elle t’envoie des signaux, tu crois que tu choisis… mais en vrai, tu réagis. Et tu réagis mal.
Tu veux être aimé·e ? Alors tu te fais tout petit. Tu dis oui quand tu penses non.
Tu veux pas passer pour un·e obsédé·e ? Tu retiens tes pulsions, tu les lisses, tu les aseptises.
Tu veux garder le contrôle ? Tu deviens froid·e, distant·e, incapable de te laisser aller.
Et tout ça te mène où ? Exactement à ce que tu voulais éviter.
Tu deviens chiant·e, prévisible.
Tu t’éteins, à petit feu.
Tu confirmes que l’autre n’a « plus de désir », alors que t’as éteint le tien depuis des mois.
Tu confirmes que « le sexe, c’est compliqué », alors que t’as jamais pris le risque d’y foutre les deux pieds.
Parce que t’as peur, alors tu contrôles.
Tu contrôles, alors tu n’éprouves plus.
Tu n’éprouves plus, alors tu confirmes que le sexe est fade.
C’est pas toi qui l’as dit. C’est elle. La peur.
Et elle a gagné. Encore.
Let’s burn it down, baby. Voilà la partie II, avec le couple en ligne de mire et la peur déguisée en bonne intention.
En couple, la peur devient une stratégie… foireuse
Le couple, c’est censé être un lieu de confiance, d’abandon, de vérité.
Mais souvent, c’est juste une planque bien décorée pour tes angoisses.
Tu veux pas être quitté·e ? Alors tu deviens parfait·e. Poli·e. Toujours disponible. Toujours d’accord.
Tu veux pas être trahi·e ? Alors tu contrôles. Tu checkes les messages, tu poses des questions, tu gardes l’œil sur tout.
Tu veux que l’autre reste ? Alors tu t’oublies, tu t’effaces, tu te modules à l’infini.
- Et ça marche… jusqu’à ce que ça te flingue.
Parce qu’à force de jouer à cache-cache avec tes vraies peurs, tu deviens un mauvais acteur dans ta propre histoire.
Tu n’aimes plus vraiment. Tu te rassures.
Tu ne baisses plus les armes. Tu surveilles.
Tu n’es plus dans l’intimité. Tu négocies ta survie affective.
Et le pire ? C’est que ça se voit.
L’autre sent que t’es pas là pour aimer, mais pour te protéger.
Que ton sexe est tiède. Que ton regard est inquiet. Que tes gestes sonnent creux.
- La peur te fait croire que tu protèges ton couple.
- En vrai, tu poses une bombe à retardement sous le lit.
Et un jour, tu te demandes pourquoi y’a plus de désir, plus d’élan, plus de feu.
Mais t’as passé des mois à l’arroser à l’eau tiède, ce feu.
Allez, on plonge. Dans la peur frontale. Dans celle qu’on choisit, qu’on nomme, qu’on convoque pour jouir plus fort. Voici la partie III :
En BDSM, la peur est une matière première
Dans le monde vanille, on fuit la peur.
Dans le BDSM, on l’invite à la table. On la regarde dans les yeux. Et on lui demande :
“T’es prête à jouer, salope ?”
Parce que là, la peur, c’est pas un accident.
C’est un outil. Un levier. Une tension qu’on sculpte, qu’on module, qu’on dose.
T’as peur d’avoir mal ? On te donne un mot pour arrêter.
T’as peur de te perdre ? On te rappelle que tout est consenti, négocié, bordé.
T’as peur d’être faible ? On te montre que la vraie force, c’est de te rendre volontairement vulnérable.
- La peur est là, oui. Mais elle ne gouverne plus. Elle sublime.
Tu sais ce qui change tout ? Le cadre. Le pacte.
Ce moment où tu dis à l’autre : « Je te laisse me dominer, mais selon MES règles. »
Et dans ce jeu tordu mais sacré, la peur devient extase.
Les mains qui tremblent deviennent offrande.
Le fouet qui claque devient langage.
Le vertige devient orgasme mental.
Le BDSM ne nie rien. Il révèle.
Il prend ta peur, et il t’en fait une épreuve érotique. Une traversée.
Et tu sais quoi ? Tu finis de l’autre côté. Changé·e. Vibrant·e. Vivant·e.
Et si la vraie libération, c’était pas l’absence de peur… mais sa domestication sensuelle ?
Let’s go deeper. Là où ça pique, là où ça remue, là où ça révèle. Voici la partie IV.
Comment tes peurs sexuelles te parlent de toi (et ce que tu peux en faire)
Tu crois que t’as peur du sexe ?
Non.
Tu as peur de ce que le sexe dit de toi. De ce qu’il pourrait réveiller. De ce qu’il pourrait foutre en l’air dans l’image que t’as patiemment construite.
Tu fantasmes d’être attaché·e mais t’as peur d’être contrôlé·e ?
→ Peut-être que t’as jamais osé lâcher prise. Peut-être que la seule personne qui t’a jamais tenu·e, c’est toi.
Et c’est lourd, putain.
Tu veux dominer mais t’as peur d’être un·e connard·e ?
→ Peut-être que tu n’assumes pas ta puissance. Peut-être que tu penses qu’imposer ton désir, c’est mal.
Tu kiffes être rabaissé·e, mais t’as honte après ?
→ Peut-être que t’as associé ton plaisir à ta valeur. Et que tu crois qu’on peut pas être désiré·e et sale à la fois.
Chaque peur sexuelle est un miroir.
Et parfois, il reflète un truc que t’as jamais osé regarder en face.
Un trauma ancien. Une croyance pourrie. Une éducation moralisante.
Un interdit qui s’est infiltré jusque dans ton clitoris ou ton gland.
Mais voilà le twist :
- Ce que tu crains le plus est souvent exactement là où ça brûle pour de vrai.
Et si tu t’approches doucement, sans te cramer, tu verras :
Ce feu, c’est pas ta fin.
C’est ton point de départ.
Alright, on clôture. Dernier virage. Celui qui ne caresse plus : il libère ou il laisse crever. Voici la partie V + conclusion, en feu, en vérité, en foutue renaissance.
V. Traverser la peur pour réécrire l’histoire
Tu veux du sexe vrai ? Brut ? Transcendant ?
Va falloir passer par le couloir de la peur. Celui où y’a pas de lumière.
Celui où tu trembles, où tu doutes, où tu te demandes si t’es pas en train de te foutre dans une galère.
Mais c’est là que ça commence.
Pas dans le confort. Pas dans la certitude. Pas dans le contrôle.
Tu crois que t’as besoin d’être prêt·e ?
Non.
T’as juste besoin d’oser un premier pas. Un frisson. Une faille.
T’as le droit d’avoir peur.
Mais t’as pas le droit de te laisser pourrir de l’intérieur par elle.
- Parle.
- Exprime.
- Tente.
- Risque de te planter.
- Et puis recommence. Avec plus d’honnêteté. Avec moins de masque. Avec plus de toi.
Parce que la vraie liberté sexuelle, c’est pas de tout explorer.
C’est de pouvoir dire : “Là, j’y vais. Et j’assume. Même si j’ai les jambes qui flanchent.”
La peur n’a jamais eu raison. C’est toi qui lui donnes raison.
Tu crois que tu la subis.
Mais tu l’alimentes.
À chaque fois que tu t’écrases.
À chaque fois que tu fais semblant.
À chaque fois que tu retiens ce foutu gémissement qui brûlait déjà ta gorge.
La peur est une menteuse persuasive.
Mais elle n’est pas toute-puissante.
C’est toi qui choisis si elle t’empêche de jouir… ou si elle devient ton moteur pour enfin t’allumer.
Alors vas-y.
Tremble. Mais avance.