Chapitre 1 – L’aveu
Dehors, septembre étendait sa bruine fine sur la ville endormie. Les lampadaires diffusaient une lueur blafarde, avalée aussitôt par l’humidité. On n’entendait que le clapotis discret de l’eau sur les trottoirs, parfois le grondement lointain d’une voiture qui passait. La nuit avait ce silence épais qu’on ne trouve qu’à la frontière de l’automne, quand l’air commence à piquer la peau et que l’on se prend à chercher la chaleur d’un foyer.
Dans le salon, le contraste était saisissant. La cheminée diffusait une clarté orangée qui se reflétait sur les vitres sombres, brouillant la frontière entre l’intérieur et l’extérieur. Le feu crépitait avec régularité, envoyant des étincelles légères qui mouraient aussitôt dans la pierre. La chaleur n’était pas moite : elle enveloppait, sèche et réconfortante, comme une couverture lourde. Le canapé bleu pétrole, massif et accueillant, absorbait la lumière du foyer et créait une alcôve intime, presque théâtrale.
Anne y était allongée, nue, comme le voulait leur rituel du soir. Sa peau pâle se gorgeait des reflets mouvants des flammes. Ses jambes, légèrement repliées, s’ouvraient par moments, puis se refermaient, comme si son corps hésitait encore à s’offrir entièrement. Ses mains parcouraient ses seins avec lenteur. Elle suivait les règles, mais à sa manière : gestes retenus, timides, parfois brusques. Ses tétons pointaient déjà, sensibles, comme trahis par l’atmosphère. Ses joues, elles, étaient rosies non pas par le feu, mais par la pudeur de se donner ainsi à voir.
À ses côtés, son Maître observait. Il était assis, légèrement en retrait, une jambe croisée sur l’autre, tirant avec lenteur sur sa cigarette électronique. De temps en temps, une volute blanche s’élevait, se mêlant à la fumée du bois. Son visage se dessinait dans la pénombre, éclairé par instants par les éclats du feu. Son regard ne quittait pas Anne. Ce regard, elle le sentait sans oser y répondre, et c’était lui qui la tenait plus fermement que n’importe quelle corde.
Un silence épais régnait, mais ce n’était pas un silence vide. C’était un silence plein de présence, saturé de tension. Le bruit du feu, la respiration d’Anne, le léger crépitement de la cigarette électronique : tout sonnait comme une partition qui annonçait quelque chose.
Anne pinça doucement son téton, puis retira sa main, comme une enfant prise en faute. Elle se concentra sur le feu, tentant de détourner son esprit, mais chaque fois que ses yeux glissaient vers lui, elle se retrouvait happée par son regard. Elle détestait et adorait ça : être vue dans son ridicule, dans sa nudité, dans son trouble. Elle ne pouvait se cacher de rien, pas même de ses propres pensées.
Il inspira longuement, laissa la vapeur sortir de sa bouche en un souffle lent. Puis, enfin, il rompit le silence, d’une voix basse, calme, douce mais teintée de cette ironie tendre qu’elle connaissait si bien :
— Regarde-toi, ma chienne. Nue, offerte, à caresser tes seins pour moi. Tu sais que j’aime te voir comme ça. Mais dis-moi… à quoi tu penses, là, en ce moment ?
Sa voix n’était pas dure. Elle avait la douceur du cuir qui se tend, ferme mais souple. Anne eut un frisson. Ses joues s’empourprèrent aussitôt. Ses doigts pressèrent ses seins comme pour se raccrocher à quelque chose de tangible.
— Je… je ne sais pas, Maître…
— Tu sais. Tu sais toujours. Mais tu crois que je ne pourrais pas entendre.
Anne secoua la tête, ses cheveux glissant sur son visage. Son souffle s’accéléra.
— Non… C’est trop sale… Je ne peux pas…
Il sourit doucement, sans ironie. Il leva la main, posa deux doigts sous son menton et la força, avec délicatesse, à tourner le visage vers lui. Ses yeux plongèrent dans les siens, et elle sut qu’il ne la lâcherait pas.
— Sale ? Ce qui est à toi est à moi. Ton corps, ta chatte, tes mains qui se pincent les seins… Tout ça est déjà à moi. Tes pensées aussi m’appartiennent. Rien de toi ne m’est interdit.
Un sanglot léger échappa à Anne, mais il s’accompagna d’un gémissement discret. Sa poitrine se souleva plus vite. Elle serra les cuisses, puis les relâcha, comme incapable de choisir.
— J’ai honte, Maître…
— Tu as honte, oui. Et alors ? La honte est belle quand elle te fait descendre. La honte est excitante quand elle devient offrande. Tu n’as pas à t’en protéger, chienne. Tu as juste à me la donner.
Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle se mordit la lèvre, cherchant encore à repousser l’instant. Mais ses doigts avaient déjà quitté ses seins pour presser l’intérieur de ses cuisses, où une humidité insistante la trahissait. Elle baissa la tête, murmurant à peine :
— Je… j’ai peur de le dire…
— Alors dis-le bas. Dis-le dans ta honte. Je serai là pour l’accueillir.
Anne ferma les yeux. Sa gorge brûlait, ses joues en feu. Elle inspira longuement, puis laissa tomber les mots, dans un souffle presque inaudible :
— Je… je rêve… de me vendre…
Le silence s’épaissit. Seul le feu continua de craquer, indifférent. Anne sentit ses entrailles se nouer, persuadée qu’elle venait de commettre une faute irréparable.
Mais il ne se moqua pas. Il ne la jugea pas. Son pouce caressa doucement son menton, comme pour l’encourager.
— Voilà. Tu l’as dit. Tu rêves de tapiner. De te prostituer. Bien. Et alors ?
Anne écarquilla les yeux, surprise par sa sérénité. Elle s’attendait à une gifle de mots, à une cruauté piquante. Mais non. Il avait simplement pris son aveu et le lui avait rendu, net, sans fard, comme une vérité banale.
— Si tu en as envie, et que je suis d’accord, où est le problème ?
Ses lèvres tremblèrent. La honte la consumait, mais un soulagement immense se répandit en elle. Son Maître avait validé l’inavouable. Ce qui n’était qu’un fantasme sordide, secret et honteux, devenait possible, vivable, sous son regard. Elle se sentit respirer à nouveau, mais son souffle était haché, chargé d’excitation.
Elle laissa échapper un rire nerveux, presque un sanglot, et ses mains reprirent aussitôt leurs caresses, cette fois plus franches.
— Vous… vous ne me méprisez pas ?
— Te mépriser ? Ma chienne… C’est quand tu oses m’offrir tes ombres que je suis le plus fier de toi.
Anne avait baissé les yeux, mais ses joues gardaient ce rose ardent qui la trahissait. Son souffle était court, haché, comme si l’aveu venait de lui arracher quelque chose d’essentiel. Le silence pesait encore, seulement rythmé par le craquement des braises et le souffle discret de la pluie sur les vitres.
Son Maître ne disait rien. Il tirait sur sa cigarette électronique, relâchait lentement une volute blanche qui s’effilochait dans l’air tiède du salon. Son regard, lui, restait fixé sur elle. Pas un regard froid, pas un jugement. Plutôt une présence lourde, pleine, comme une main invisible posée sur sa nuque pour la maintenir dans ce moment.
Anne sentit que l’espace était sûr. Que ses mots, aussi honteux soient-ils, pouvaient naître ici. Alors, tremblante mais plus libre, elle reprit.
— Je me vois… dehors…
Sa voix était basse, presque un murmure. Mais ses doigts, eux, pressaient déjà ses seins avec plus d’ardeur, comme si chaque mot libérait un peu plus son corps.
— Dans une rue… pas belle… une rue grise… Les voitures ralentissent… Et moi… je… je fais comme elles, les putes… Je leur montre que je suis là.
Elle se cambra légèrement. La honte et l’excitation se confondaient en elle, brouillant toute frontière.
— Ils… ils s’arrêtent, Maître. Des hommes… pas forcément sales dehors, mais dedans… dans leur tête. Des pervers, des pourris… qui veulent juste me baiser vite, me salir…
Ses mains quittèrent ses seins pour descendre lentement sur son ventre, mais elle s’arrêta, comme interdite de dépasser encore ce geste. Ses yeux cherchaient ceux de son Maître, comme pour demander la permission de continuer.
Il hocha simplement la tête, et sa voix vint, douce et ferme :
— Continue, chienne. Montre-moi ce qu’ils te font.
Anne inspira profondément, puis céda.
— Je monte dans leur voiture… Je les touche… leur queue dans ma main… Elle est dure, déjà… Ils puent la sueur, ou le tabac froid, ou encore l’alcool, ils sont paumés… Parfois, ils ne disent rien, ils me prennent comme une chose. D’autres me parlent mal… Ils m’appellent pute, salope…
Ses mots sortaient par à-coups, entrecoupés de gémissements qu’elle ne pouvait plus retenir.
— Je serre leur queue, Maître… Je la pompe, je tire dessus jusqu’à la dernière goutte… Je veux qu’ils jouissent, qu’ils se vident sur moi, en moi, je m’en fiche… Et quand ils finissent, je prends l’argent… le billet sale…
Un frisson violent secoua son corps. Ses doigts s’agrippèrent à la matière du canapé, comme si elle allait s’y dissoudre.
— Et je… je reviens vers vous… avec ce fric crade, poisseux… Mon corps sali, puant… Et je vous le donne. Comme une offrande… Comme ma preuve d’appartenance.
Sa voix se brisa. Elle sanglota presque, mais dans ce sanglot vibrait un plaisir trouble, une intensité nouvelle. Ses cuisses s’écartèrent légèrement, malgré elle.
Son Maître posa calmement une main sur sa cuisse nue. Son geste n’était pas pressant : il était ancrant.
— Voilà, ma chienne. Voilà ce que tu caches. Tu veux t’offrir à eux, pour mieux revenir à moi. Tu veux devenir leur jouet, pour mieux être mon trésor.
Anne hocha la tête, incapable de parler. Ses yeux brillaient, ses lèvres tremblaient, mais son corps vibrait de désir.
— Et tu crois que c’est trop sale ? reprit-il, son ton caressant. Que je ne pourrais pas aimer ça ? Non. C’est parce que c’est sale que c’est beau. Parce que c’est ta honte, ton abîme, et que tu me l’offres.
Un sanglot s’échappa d’Anne, mêlé à un gémissement. Elle écarta davantage les jambes, cherchant une délivrance qu’elle n’osait pas s’accorder sans son ordre.
— Maître… je… je ne savais pas que j’en avais tant envie…
— Bien sûr que tu le savais. Mais tu avais besoin que je te le dise. Que je valide. Maintenant, regarde-toi : nue, rouge, tremblante, excitée comme jamais. Tout ça parce que tu t’imagines pute.
Elle ferma les yeux, ses mains reprenant leurs caresses, cette fois plus franches, plus assumées. Son ventre se creusait à chaque respiration, sa peau brillait sous la lueur du feu.
— Oui… Maître… j’ai envie… j’ai envie d’être votre pute…
Ses mots étaient encore maladroits, mais ils sortaient enfin, brûlants et chargés de vérité.
Il pencha la tête, la contempla avec un mélange de tendresse et de fierté.
— Et tu le seras. Mais pas seulement dans tes images. Tu le seras pour moi, vraiment.
Anne gémit, son corps secoué par un spasme de plaisir brut. Elle avait peur, encore, mais cette peur s’était transformée en fièvre. L’interdit, désormais validé, devenait excitation pure.
Chapitre 2 – L’ouverture
Le feu dansait encore dans la cheminée, plus calme, plus bas, mais toujours vivant. Le salon baignait dans une lumière chaude, douce et charnelle. Dehors, la bruine de septembre filtrait les réverbères, effaçait la ville, comme si le monde extérieur n’existait plus.
Anne, nue sur le canapé bleu pétrole, respirait vite. Ses mains caressaient ses seins avec plus d’assurance maintenant. Son corps ne mentait pas. Ses tétons durs, ses cuisses qui s’ouvraient, son ventre qui vibrait : tout criait son envie. Et pourtant, sa voix restait basse, timide, comme si ses propres mots lui faisaient peur.
— Je… je me vois dans la rue… dit-elle en fixant le feu. Une rue laide, grise… les voitures qui passent et ralentissent. Moi… debout, en robe trop courte, ou sous un manteau sans rien dessous. Comme une pute.
Le mot vibra dans l’air, cru, obscène, mais Anne le prononça sans trembler. Ses joues étaient rouges, son souffle irrégulier.
Anne hésita un instant, ses doigts crispés sur ses cuisses. Puis, encouragée par le silence attentif de son Maître, elle reprit. Sa voix était basse, presque rauque, mais claire.
— Des hommes s’arrêtent… pas forcément sales dehors, pas toujours. Mais dedans, oui… des types abîmés, vulgaires, paumés. Je les vois très bien. Je les ai déjà vus, dans ma tête, des dizaines de fois.
Ses yeux s’étaient voilés, comme si elle projetait les images sur les flammes de la cheminée. Ses mots coulaient plus fluides, comme s’ils existaient depuis longtemps, juste retenus par sa honte.
— Certains sont mal rasés, avec cette barbe de trois jours qui gratte, tachée de café ou de clope. Leur haleine sent le tabac froid, parfois l’alcool bon marché. D’autres puent la sueur, pas celle du travail bien fait… non, celle rance, qui s’incruste dans les vêtements, comme si elle ne les quittait plus jamais.
Elle se mordit la lèvre, puis reprit, plus vite, emportée par son propre récit.
— Je les vois monter dans leur voiture après une journée vide, les yeux cernés, le corps fatigué. Ils sont seuls, depuis trop longtemps. Certains me parlent mal, me traitent de chienne, de salope, juste pour se sentir vivants deux minutes. D’autres ne disent presque rien. Ils ouvrent à peine la bouche, comme si j’étais un distributeur, une bouche de secours pour leur solitude.
Ses cuisses s’écartèrent encore un peu, son souffle se hâta.
— Il y en a qui sentent le whisky. D’autres, la sueur et le métal, comme s’ils sortaient tout droit d’un atelier. Certains ont ce parfum écoeurant d’assainisseur de voiture, qui essaye de masquer la crasse mais qui la rend encore plus présente. Je les imagine avec les mains calleuses, noires de cambouis, ou tremblantes parce qu’ils ont trop bu. Je monte, je prends leur billet. L’argent crade, poisseux…
Elle laissa échapper un petit rire nerveux, mais ses yeux brillaient de fièvre.
— Et puis, je leur serre la queue dans ma main, je les pompe, gourmande, excitée, je les fais jouir. Ils s’en foutent de qui je suis. Ils ne voient qu’un trou, une bouche, une paire de seins. Une chienne sur le trottoir. Et moi, je prends ça, je prends tout…
Elle inspira plus fort, ses seins se soulevant rapidement. Ses mains effleurèrent son ventre, glissèrent presque malgré elle vers son sexe. Elle s’arrêta, chercha le regard de son Maître, rougie mais excitée. Ses mots restèrent suspendus dans l’air, lourds et vibrants. Elle avait dit tout haut ce qu’elle avait longtemps nourri en secret. Et son corps entier tremblait, non de peur, mais de désir brut. Son regard chercha celui de son Maître, en quête de validation.
Il ne détourna pas les yeux. Sa voix, douce et ferme, lui donna la permission implicite :
— Dis-moi ce qu’ils te font.
Anne inspira, ses lèvres s’ouvrirent, et les images jaillirent.
— Je monte dans leur voiture. J’écarte mes cuisses, je sors leur queue, je la serre fort dans ma main. Je pompe, je tire dessus jusqu’à la dernière goutte. Ils me traitent comme une ordure, et moi… j’adore ça.
Elle se cambra légèrement, son corps vibrant sous le poids de ses propres mots.
— Et puis, je reviens vers vous. Fière, avec ce fric. Mon corps sale, ce fric sale, mon odeur de sperme, mes cheveux emmêlés… Et je vous donne cet argent, Maître. Comme une offrande.
Cette fois, elle leva les yeux, sans fuir. Ils brillaient, mais pas de larmes : de fièvre. D’une clarté brute. Elle ne doutait pas de son désir. Elle en crevait. Elle reprit son souffle, le torse soulevé par une ardeur qu’elle ne cherchait plus à cacher.
— … moi je veux ça. Je veux être votre pute.
Ses mots claquèrent dans le salon comme une déflagration douce. Le feu, dehors la pluie, son corps nu sur le canapé : tout conspirait à donner à cet aveu une force presque irréversible.
Son Maître, lui, posa simplement une main sur sa cuisse, ancrant son excitation. Son regard resta tendre, fier, brûlant d’autorité.
— Voilà, dit-il. C’est clair maintenant. Tu veux tapiner. Tu veux te vendre. Et tu veux que je sois le témoin de ta honte.
Anne hocha la tête vivement, presque avec soulagement. Ses doigts glissèrent sur sa peau, sans pudeur cette fois, comme si son corps remerciait déjà d’avoir été autorisé à parler.
— Oui, Maître… c’est ça. Je veux.
Elle rougit d’une honte intense. Ses joues étaient rouges, ses seins marqués par ses propres caresses. Elle ne se cachait plus. Son regard cherchait celui de son Maître, avide, inquiet, brûlant d’envie. Elle venait d’exposer ses images, sa honte, ses fantasmes sordides. Et maintenant, une seule question la rongeait : qu’allait-il en faire ?
Il la regarda longuement, calmement, sa cigarette électronique entre les doigts. Puis il souffla une volute blanche qui se dissipa lentement au-dessus d’eux. Sa voix, basse et posée, rompit le silence.
— Tu vois, Anne… Tout ce que tu viens de dire, ce n’est pas un problème. Tu crois que c’est sale, que c’est indigne. Mais moi, je ne vois qu’une vérité : tu désires. Et le désir, il n’a pas à être joli pour être vrai.
Elle frissonna, le souffle coupé. Ses mains se crispèrent sur ses cuisses.
— Mais… Maître… si je vous dis ça, c’est que je… je crains de vous décevoir.
Il secoua la tête, un sourire tendre aux lèvres.
— Me décevoir ? Chienne… Tu m’excites. Tu crois que je voudrais une soumise qui ne m’offre que des morceaux propres d’elle-même ? Non. Je veux tes ombres, tes abîmes, tes saletés. C’est là que tu es belle. C’est là que tu m’appartiens.
Anne inspira profondément. Son ventre vibrait, sa poitrine se soulevait vite. Ses yeux brillaient, mais cette fois sans détour.
— Alors… ce n’est pas une honte ?
— C’est ta honte, oui. Mais c’est elle qui te rend vraie. Et moi, je l’accueille. Tu comprends ? Tu veux te prostituer, et je suis fier que tu me le donnes. Fier que tu n’aies rien gardé pour toi.
Elle hocha la tête, émue, mais plus de peur : d’un soulagement brûlant. Ses lèvres s’entrouvrirent, et sa voix jaillit, plus ferme.
— Oui, Maître… j’ai envie. Vraiment. Depuis longtemps. Et je veux que ce soit vous qui me donniez le droit de le faire.
Il posa une main sur son genou, chaude, ferme, qui l’ancrerait toujours.
— Tu n’as pas besoin de droit, chienne. Tu as besoin de mon accord. Et moi, je t’autorise.
Anne gémit, ses cuisses s’ouvrant encore. Ses doigts pressèrent son ventre, son corps tout entier vibrant sous ces mots.
— Vous… vous voulez vraiment que je le fasse ?
— Oui. Parce que ça te consume, et qu’en l’accomplissant, tu m’appartiendras encore plus. Je veux que tu vives ce désir, que tu le portes dans ta chair, et que tu reviennes à moi avec l’argent dans ta main. Alors je serai fier de ma chienne, de ma pute, de ma femme.
Un gémissement rauque s’échappa de sa gorge. Elle leva les yeux, nue, tremblante, mais claire.
— Maître… je vous en prie… donnez-moi l’autorisation de me prostituer.
Il sourit, caressa doucement sa joue, contraste tendre à ses mots crus.
— Je te l’accorde. Mais tu ne seras pas une pute anonyme. Tu seras ma pute. À moi. Et chaque homme qui jouira en toi, ce sera encore pour moi.
Anne ferma les yeux, un sourire troublé sur les lèvres. Elle se laissa aller contre le canapé, le corps vibrant, l’esprit apaisé. La honte, pour un instant, s’était dissoute dans cette validation. Elle n’était plus une bourgeoise prisonnière de son image. Elle n’était plus seulement une soumise. Elle devenait ce qu’elle voulait en secret depuis longtemps : une chienne offerte, une pute consacrée. Et son Maître, d’une voix douce, conclut simplement :
— Tu as enfin demandé. Maintenant, tu peux recevoir. Tu est une pute. On va t’y préparer.
Chapitre 3 – La projection
Quelques jours avaient passé. La bruine de septembre était toujours là, fidèle compagne des soirées. Dehors, les lampadaires diffusaient une clarté pâle, avalée par le voile humide. Le monde semblait glisser dans une torpeur monotone, tandis qu’à l’intérieur, le feu ronflait doucement dans la cheminée. Le bois craquait, les flammes plus hautes qu’à l’accoutumée illuminaient le salon d’un halo orangé. Le canapé bleu pétrole, large et profond, gardait sa place comme un trône discret.
Anne y était installée, nue, selon le rituel. Ses mains erraient sur ses seins, mais ce soir, ses gestes manquaient de conviction. Elle paraissait ailleurs, absorbée par quelque chose qu’elle n’osait pas nommer. Ses joues étaient déjà rosées, mais ses yeux, eux, fuyaient.
Son Maître, à ses côtés, tirait calmement sur sa cigarette électronique. La vapeur se mêlait aux volutes du feu, adoucissant encore l’air. Son regard, posé sur elle, était lourd mais tranquille. Il n’avait pas besoin de parler pour l’obliger à se tenir. Finalement, il rompit le silence, sa voix basse, caressante, mais ferme :
— Dis-moi, Anne. Si tu devais sortir, ce soir, pour tapiner… qu’est-ce que tu porterais ?
Elle sursauta légèrement. Ses doigts se crispèrent sur ses seins, comme si le mot seul avait brûlé sa peau.
— Maître… je… je n’y ai pas vraiment pensé…
— Ne mens pas.
Il ne haussa pas la voix, mais la réplique tomba, tranchante, comme une lame douce. Elle baissa aussitôt la tête.
— Peut-être… une robe simple… noire… pas trop voyante…
Un sourire glissa sur ses lèvres, moqueur mais tendre.
— Une robe simple ? Tu crois que les putes sortent en robe sage de bourgeoise ? Tu veux passer inaperçue, Anne, ou tu veux qu’on te regarde ?
Ses joues s’empourprèrent. Elle serra les cuisses, son souffle s’accéléra.
— Je… je voudrais qu’on me voie, mais… pas trop…
Il secoua la tête, amusé. Sa main vint caresser lentement sa cuisse, sans insister, mais assez pour l’ancrer.
— Non. Pas “pas trop”. Si tu veux racoler, il faut qu’on te voie. Alors recommence. Imagine. Décris.
Anne inspira profondément. Ses doigts reprirent leurs caresses sur ses seins, plus nerveuses.
— Une robe courte… rouge peut-être…
— Rouge. Voilà. Ça, c’est déjà mieux. Et comment ?
Elle hésita, ses lèvres tremblaient.
— Serrée… avec une fermeture devant…
— Oui. Je veux la voir. Je veux qu’elle colle à ta peau, qu’on devine tes cuisses, tes hanches, ton ventre. Et dessous ?
Anne baissa les yeux, comme une enfant prise en faute.
— Rien… Maître.
— Rien. Bien. Seulement des bas. Des bas noirs, fins, qui brillent sous les lampadaires. Dis-le.
Elle gémit faiblement, mais obéit.
— Des bas noirs… et des talons… hauts.
Il sourit, satisfait.
— Voilà. Tu vois que tu y as pensé. Tu crois que tu ne veux pas le dire, mais ton corps le sait déjà. Rouge, bas noirs, talons. Et ton manteau ?
Anne releva les yeux, incertaine.
— Un manteau long… pour cacher…
Il éclata d’un rire doux.
— Pour cacher ? Non, Anne. Pas pour cacher. Pour provoquer. Tu le tiens ouvert, juste assez. Assez pour qu’on voie tes cuisses, ta robe moulante. Tu veux attirer. C’est ça, racoler.
Elle se tortilla sur le canapé, ses cuisses s’écartant malgré elle. Son ventre vibrait, ses joues en feu.
— Oui… Maître…
Il approcha sa main, pinça doucement son menton, planta son regard dans le sien.
— Voilà. C’est ça que tu évitais. Tu voulais me parler d’une robe sage, d’un manteau fermé. Mais moi, je veux la vérité. La vérité, c’est que tu veux être vue. Tu veux qu’on te prenne pour une pute, au premier coup d’œil.
Anne hocha la tête, ses lèvres entrouvertes. Sa voix n’était plus qu’un souffle :
— Oui… c’est vrai.
Il relâcha son menton, reprit une bouffée de sa cigarette. Sa voix, à nouveau calme, conclut :
— Alors retiens bien : ce soir, dans ta tête, tu n’es pas une bourgeoise. Tu n’es pas une mère respectable. Tu es ma chienne. Et tu portes cette robe rouge, moulante, sans culotte, avec tes bas noirs et tes talons. Et tu sors.
Anne gémit, ses mains glissèrent sur son ventre, son corps vibrant de honte et d’excitation mêlées. Dans ses yeux, on lisait déjà les images qui naissaient. Elle avait l’impression de sentir l’air froid de septembre sur ses cuisses, de se retrouver soudain dehors, sous la bruine.
— Alors, chienne… tu es dans la rue. Tu marches. Dis-moi ce que tu vois.
Sa voix trembla d’abord, mais ses mots vinrent.
— Je vois le trottoir… mouillé… Les lampadaires diffusent une lumière jaune… tout est un peu sale, humide. Les voitures passent, pas vite… Je sens leurs phares sur moi.
Elle inspira, se cambra légèrement.
— Je marche… pas trop vite… je fais semblant d’attendre. Je garde mon manteau entrouvert… Ma robe colle à ma peau. J’entends le bruit de mes talons qui résonne sur le trottoir.
Son Maître sourit, satisfait. Il hocha la tête, mais sa voix resta ferme.
— Et toi, qu’est-ce que tu ressens ?
Anne gémit doucement. Ses joues brûlaient.
— La honte… une honte énorme. J’ai peur que quelqu’un me reconnaisse… que quelqu’un s’arrête et me parle. Mais en même temps… c’est ça qui m’excite. Que les gens me voient… et sachent… que je suis une pute.
Elle ouvrit les yeux un instant, cherchant son approbation. Son Maître l’encouragea d’un regard qui ne tremblait pas.
— Continue. Comment tu racoles ?
— Je me tiens droite… J’avance lentement, je regarde les voitures. Parfois je baisse les yeux, parfois je souris un peu… timidement. Je… je laisse mon manteau s’ouvrir davantage… que mes cuisses soient visibles, que mes bas brillent sous les réverbères.
Son souffle devint plus court. Ses mains quittèrent son ventre pour revenir pincer ses seins, comme si ce geste l’aidait à tenir debout dans son récit.
— Les voitures ralentissent… Je les entends… Certaines passent sans s’arrêter. D’autres… roulent à ma hauteur… Leurs phares m’aveuglent un peu. Je sens leur regard sur moi.
Elle déglutit, son corps vibrant sous la lumière du feu.
— Je me dis : “Ils savent. Ils savent que je suis là pour ça. Que je vends ma chatte, ma bouche.” Et j’ai honte… mais j’ai aussi envie qu’ils descendent leur vitre, qu’ils m’appellent.
Son Maître posa une main ferme sur sa cuisse nue, la maintenant dans son élan.
— Et quand une voiture s’arrête ?
Anne frissonna, ses yeux clos, son corps tendu.
— J’ai peur. Mon cœur bat très vite. J’ai envie de courir. Mais je m’avance… Je penche la tête, je me baisse un peu. Je souris… Je demande combien… Non, c’est eux qui demandent. “Combien, salope ?” Et moi… je réponds cent euros… comme vous l’avez dit, Maître.
Ses cuisses s’écartèrent sous sa main. Son sexe brillait, humide, offert.
— Et tu te dis quoi, à ce moment-là ?
— Que c’est fini… Que je suis vraiment une pute… Que j’ai franchi le pas… Et j’adore ça.
Sa voix se brisa presque sur ces derniers mots, mais son corps vibrait d’un désir nu. Ses doigts pinçaient ses tétons avec violence, ses cuisses s’écartaient d’elles-mêmes, son ventre creusé par la tension.
Il la regarda un instant, fier, doux, autoritaire. Puis il conclut, sa voix posée :
— Voilà. Tu racoles. Tu attends ton premier client. Tu es ma pute. Et tu le veux.
Anne gémit, les yeux fermés, un sourire trouble aux lèvres. Son corps entier vibrait, traversé par cette image de trottoir, de lampadaires, de voitures qui ralentissent. Son Maître rompit doucement le silence, d’une voix basse, ferme, qui la tenait en laisse :
— Une voiture s’arrête. Tu t’approches. Dis-moi ce qu’il se passe.
Anne gémit, ses cuisses s’écartèrent davantage.
— C’est une vieille bagnole, assez grosse… grise, un peu sale. L’odeur d’essence, de tabac froid, me saute au visage quand je me penche. À l’intérieur… un type, la cinquantaine. Mal rasé, les yeux fatigués. Son blouson de cuir sent le renfermé.
Elle se cambra, ses doigts pinçant fort ses tétons.
— Il baisse la vitre. Sa voix est rauque. “Combien, salope ?” qu’il me dit. Je rougis, mais je réponds… 30 pour la pipe, 80 pour la totale. Ma voix tremble, mais il s’en fout. Il ouvre la portière.
Le Maître caressa doucement sa cuisse nue, la maintenant dans son récit.
— Et tu montes.
— Oui, Maître… Je monte. Le siège est froid, collant. Il sent la crasse et le vieux cuir. Je sens ses yeux sur mes cuisses, sur mes bas. Mon cœur bat très vite. Mais ma chatte… elle est déjà humide. Je me fais payer de suite. Son souffle devint haletant.
Chapitre 4 – L’action
— Il sort sa queue, sans attendre. Elle est raide, veinée, il m’attrape et me la colle presque au visage. Ses mains sentent le tabac et l’huile. Il me tient par les cheveux. “Suce, chienne.”
Anne gémit plus fort. Ses doigts quittèrent ses seins pour effleurer son ventre, mais elle s’arrêta, le regard suppliant son Maître pour continuer. Il hocha la tête, autorisant.
— Je prends sa bite en bouche… Elle est lourde, épaisse, je salive trop vite. Je pompe, je l’aspire fort, je serre de la main, comme une vraie pute. Je veux qu’il jouisse, vite, qu’il se vide sur moi.
Elle se cambra davantage, le corps vibrant de honte et de désir.
— Il grogne, il me traite de salope. Sa main me plaque la tête. J’ai les yeux qui pleurent presque du choc, mais je tiens, je veux qu’il jouisse. Je pompe plus fort, je le sens trembler, sa queue durcit dans ma gorge… et puis… ça dure. Je ne sais pas combien de temps. D’abord, j’adore ça. Tout dans l’habitacle put la fatigue, la solitude, l’ennuie. Je suis son rayon de soleil, son unique plaisir. Alors, je le pompe bien, j’aspire comme une petite salope, non, une grosse salope.
Ses yeux pétillent, elle sourit, et reprend :
— Je sent le gout de sa queue en bouche, elle est dure, et je suce, je suce, je lui touche les boules, les caresses pendant que je suce. Il appuie sur ma tête, il veut me forcer, je me laisse faire, il fend ma gorge, j’étouffe, je tousse, mais il appuie encore, il ne me respecte pas, ça me fait peur, ça m’excite. Il relache, et on recommence, encore et encore. Je n’en peux plus. Il recommence… et puis…
Elle cria presque, sa voix brisée par l’image :
— Il jouit ! Il m’inonde le visage, Maître. Il gicle partout, sur ma bouche, mes joues, mes cheveux. Je suis couverte, poisseuse, ça coule… Et je ne m’essuie pas. Je garde tout. C’est ma victoire.
Ses cuisses s’ouvrirent en grand, son sexe luisait sous la lumière du feu. Elle haletait, tremblait, mais de fièvre, pas de peur. Ses yeux s’ouvrirent, brillants, fiévreux.
— Je sors de sa voiture, avec le pognon, la gueule couverte de foutre, les jambes qui tremblent, le cœur qui bat. Je sens les regards, les voitures qui passent. Je suis une pute, Maître. Une vraie. Elle sourit, honteuse et radieuse à la fois, sa poitrine soulevée par son souffle saccadé. Son Maître posa une main ferme sur sa nuque, son regard planté dans le sien.
— Oui. Tu es ma pute. Et tu reviens vers moi, comme ça, salie, couverte, avec l’argent dans ta main.
Anne gémit, ses mains serrant ses seins avec frénésie.
— Oui… Maître… Je vous rapporte le fric… Je me mets à genoux, nue, encore poisseuse du foutre d’un autre… Et je vous l’offre.
Son corps vibrait, ses lèvres brûlaient de l’aveu.
— Voilà… voilà ce que je veux.
Anne avait encore les yeux clos, mais ses mots emplissaient le salon. Le feu crépitait dans la cheminée, lançant ses reflets rougeoyants sur sa peau nue. La bruine, dehors, collait toujours à la vitre, comme si le monde voulait voir sans pouvoir entrer. Elle, pourtant, n’était plus là : elle était dans sa scène, dans son fantasme.
Sa voix, basse, tremblante d’excitation, reprit.
— Je reviens… vers vous, Maître. J’ai encore le visage poisseux, mes cheveux collés. Je sens l’odeur de sperme sur moi, je la respire, je la garde. Je veux que vous la sentiez, que vous voyiez votre chienne couverte de la semence d’un autre.
Ses mains pressaient ses seins avec violence, ses cuisses ouvertes, offertes.
— Je pousse la porte… J’entre… Je tombe à genoux aussitôt devant vous. Je baisse la tête, comme une vraie pute. Je tends le billet froissé, sale. Cent euros. Le prix de ma bouche. Et j’attends… j’attends que vous me validiez.
Elle se cambra, un sourire fiévreux sur les lèvres, honteuse et radieuse à la fois.
— Je souris, Maître, même si j’ai honte. Parce qu’au fond, je suis fière. Je suis excitée. Je veux que vous soyez fier de moi.
Son Maître, resté silencieux jusque-là, posa une main ferme sur sa nuque, ses doigts serrant légèrement, ancrant sa soumission. Sa voix, grave et posée, rompit le silence :
— Oui. Je suis fier de toi, ma chienne. Tu as tapiné. Tu as pris leur sperme. Tu m’apportes leur argent. Tu es ma pute.
Anne gémit, ses mains glissant sur son ventre, cherchant plus bas sans oser. Ses yeux brillaient, son souffle était haletant.
— Maître… je vous en supplie… enculez-moi. J’ai besoin que vous me preniez… fort. Que vous me déchiriez le cul.
Elle baissa encore la tête, le front presque collé contre le canapé, en posture de soumise.
— Je veux être punie… J’ai été une pute, une traînée. Punissez-moi… avec violence… Je veux hurler… que ça brûle… que ça me détruise et que ça me fasse renaître.
Son Maître se redressa, sa main toujours sur sa nuque. Son regard brillait, autoritaire et tendre à la fois.
— Tu veux être punie, Anne ?
— Oui, Maître… Je le veux… Une punition forte… Une double anale… Que je sente tout mon corps éclater…
Elle gémit, ses cuisses tremblant sous la tension de ses propres mots.
— Je veux que vous me fassiez mal… que vous me fassiez jouir ensuite… que je sache que je suis allée au bout.
Il se pencha, son souffle chaud sur son oreille.
— Tu auras ta punition. Tu auras ma bite dans ton cul, profonde, violente, avec un bon god, on va te détruire le cul. Tu hurleras. Et quand tu croiras que c’est fini, je t’ouvrirai encore plus. Parce que tu m’as offert ce que tu avais de plus honteux, et que je vais te le rendre en jouissance.
Anne gémit plus fort, ses doigts glissant enfin entre ses cuisses, sa mouille brillante à la lumière du feu. Elle resta là, nue, offerte, couverte du sperme d’un autre dans son image, tendant l’argent imaginaire, son corps vibrant de honte et de fierté mêlées. Elle avait tout donné. Elle attendait maintenant sa sentence, son salut, sa délivrance Son Maître sourit, fier, cruel et aimant. Le feu craqua dans la cheminée.
