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L’hypocrisie du BDSM

Le BDSM se veut libre, mais derrière ses codes et son vocabulaire sophistiqué, il recrée ses propres dogmes. Mépris des “vanilles”, rituels pour masquer ses pulsions, consentement parfois influencé… Se cache-t-il derrière ses symboles pour éviter de s’assumer pleinement ? Une liberté revendiquée qui interroge ses propres contradictions.

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Le BDSM est-il un hypocrite ?

Le BDSM aime se présenter comme une pratique libératrice, un terrain de jeu où tout est négocié, consenti, réfléchi. Ici, pas de place pour les non-dits ou les abus – tout serait clair, cadré, assumé.

Mais derrière ce vernis propret, une contradiction troublante : ceux qui réclament la tolérance et refusent d’être jugés pour leurs pratiques sont souvent les premiers à ériger des barrières entre eux et « les autres ». Pire encore, ils développent un lexique et des codes censés justifier leur supériorité sexuelle et intellectuelle.

Pourquoi ce besoin constant de se différencier ? Pourquoi cacher ses désirs derrière des rites, des symboles, des rôles figés ? Le BDSM serait-il un univers aussi assumé qu’il le prétend, ou simplement un jeu d’ombres où l’on tente d’apprivoiser ce que l’on n’ose pas totalement regarder en face ?

Si le BDSM est une quête d’authenticité, pourquoi autant de faux-semblants ?

« Vanille », un mépris bien huilé

Le mot « vanille » claque comme un jugement. D’un côté, les adeptes du BDSM, éclairés, audacieux, fiers d’explorer les tréfonds du désir. De l’autre, les « vanilles », fades, limités, englués dans une sexualité tiède et conformiste.

Ce mépris est d’autant plus ironique que le BDSM, dans sa quête de reconnaissance, réclame l’acceptation et l’absence de jugement. Pourtant, il instaure une hiérarchie implicite, un entre-soi où l’initié regarde le néophyte avec une pointe de condescendance.

Pourquoi ce besoin de se positionner en opposition ? Est-ce la peur d’être assimilé à la norme ? Comme si la légitimité du BDSM dépendait de sa marginalité. Un paradoxe absolu : chercher l’acceptation tout en se forgeant une élite, refuser d’être jugé tout en méprisant ceux qui n’en font pas partie.

Si la liberté sexuelle est un droit, alors elle inclut aussi le droit de ne pas être BDSM. Parce qu’au final, peu importe les pratiques, ce qui compte, c’est de ne pas devenir exactement ce que l’on prétend combattre : un dogme rigide qui méprise ceux qui pensent différemment.

Le rituel BDSM : un masque ou un refuge ?

Cuir, latex, codes précis, mise en scène millimétrée : le BDSM s’habille de symboles, érigeant le rituel en art. Tout y est cadré, orchestré, presque sacré. Comme si, sans cette théâtralisation, la vérité derrière le jeu devenait trop brute, trop difficile à accepter.

Mais pourquoi ce besoin de tout ritualiser ? Pourquoi ne pas simplement dire “j’aime dominer”, “j’aime être dominé”, sans passer par un cérémonial aussi codifié ? Serait-ce une façon de se dissocier de ses propres désirs, d’attribuer à un rôle ce que l’on n’ose pas assumer pleinement ? “Ce n’est pas moi, c’est mon personnage.”

Le rituel rassure. Il pose une distance entre soi et ce que l’on fait réellement. Pourtant, à trop se cacher derrière des mises en scène, ne perd-on pas une part d’authenticité ?

Le BDSM prône l’acceptation de soi, mais ce recours constant à la mise en scène pose une question dérangeante : s’agit-il d’un espace de liberté ou d’un masque sophistiqué pour éviter de trop regarder ses propres pulsions en face ?

Consentement et emprise : la ligne est-elle si claire ?

Le BDSM brandit le consentement comme un bouclier. Ici, pas de zone grise : tout est négocié, tout est voulu, tout est contrôlé. Une sécurité rassurante, un argument imparable. Mais est-ce si simple ?

Dans une relation où l’adoration du soumis devient un carburant, où la soumission n’est pas qu’un jeu mais une quête identitaire, peut-on encore parler de liberté totale ? Si un soumis veut plaire, veut obéir, veut exister à travers le regard de son maître, où s’arrête son désir et où commence l’influence subtile de l’autre ?

La dépendance affective, le besoin d’être validé, le conditionnement progressif, tout cela peut rendre le “oui” inévitable. Non pas imposé, mais intériorisé. Le refus devient une trahison, un échec, une rupture du rôle.

Alors, si la soumission repose sur un besoin d’être accepté dans ce cadre précis, peut-on encore parler de choix libre et éclairé ? Ou bien ce consentement, pourtant si mis en avant, devient-il parfois une prison dorée, un engagement dont il devient difficile de s’extraire sans briser la dynamique entière ?

Le BDSM, entre quête d’authenticité et fuite en avant

Le BDSM se présente comme un espace de vérité, où l’on assume ses désirs sans honte, où chaque pulsion trouve son exutoire. Pourtant, il se drape de codes, de rituels, de termes sophistiqués, comme pour mieux maquiller ses propres contradictions.

Mépriser les “vanilles”, théâtraliser la domination, se cacher derrière des concepts bien huilés… autant de stratégies qui interrogent. Est-ce vraiment une acceptation totale de soi, ou juste une façon plus raffinée d’éviter de regarder en face ses propres pulsions ?

Se définir par l’opposition, s’enfermer dans des dogmes déguisés en liberté, n’est-ce pas exactement ce que le BDSM critique chez la société dite “normale” ?

La vraie question n’est donc pas “le BDSM est-il légitime ?”, mais plutôt : a-t-il réellement transcendé les carcans qu’il prétend briser, ou s’est-il simplement construit sa propre cage dorée ?

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