🎥 Le libertinage : un film porno mal joué où personne ne jouit vraiment
🎭 Quand le fantasme vire au simulacre
Le libertinage se rêve comme un espace de liberté. Un théâtre charnel où les rôles seraient assumés, consentis, jouissifs. Mais dans les faits ? On assiste trop souvent à une parodie de film X mal réalisé, sans scénario ni connexion. Une comédie dramatique où chacun joue pour soi, où l’on mime la baise comme on mime la vie : sans y croire vraiment.
Les hommes seuls errent comme des figurants désespérés, en quête d’un orgasme ou d’un amour perdu. Ils draguent avec l’élégance d’un spam, cherchent une âme sœur avec un vocabulaire de camgirl, et quand l’attente devient trop longue, ils montent sur scène en mode rodéo sans tendresse. Parce qu’il faut “baiser” quelque chose. Vite.
💔 Couples libertins : se sauver ou se fuir ?
Certains couples débarquent sur la scène libertine comme on tente une réanimation cardiaque. Le libertinage devient le plan B d’un amour qui fatigue, le dernier recours avant la séparation. On s’offre à d’autres corps pour éviter de s’avouer qu’on ne s’écoute plus.
D’autres, au contraire, jouent au couple parfait, mais cachent sous le latex une stratégie froide de collectionneurs de trophées sexuels. Les soirées privées se succèdent comme des tableaux de chasse. C’est chic, c’est discret, c’est creux. La passion s’est dissoute dans l’entre-soi.
Le libertinage, pourtant, pourrait être un art subtil de la complicité, de l’émancipation sensuelle, de la fusion choisie. Mais il devient trop souvent une course à la performance, où l’autre n’est qu’un corps, une statistique, un objet. Pas un lien.
🫥 Un univers sans âme, un théâtre sans émotion
Les sites libertins sont censés être des tremplins vers l’exploration. Mais ils ressemblent à un supermarché sexuel mal éclairé, où les photos sont retouchées et les intentions jamais claires. On swipe, on fantasme, on ghoste. Le désir est quantifié, trié, évalué. Mais ressenti ? Rarement.
Le libertinage s’est digitalisé à outrance, désincarné, vidé de son essence : le frisson de la rencontre, l’imprévu du désir, la sincérité du jeu. Il ne reste plus que des profils, des pseudo-échanges, des soirées où l’on joue sans se regarder. Des scripts sans dialogue. Du sexe sans sensualité.
Et si on rendait au libertinage son âme perdue ?
Le libertinage, au fond, ce n’est pas du sexe en plus. C’est du sens en plus. Une expérience émotionnelle, charnelle, intense. Ou du moins, ça devrait l’être. Ce que beaucoup vivent aujourd’hui, c’est l’inverse : une surconsommation vide, une mécanique du désir désincarnée, un fantasme vidé de sa substance.
Ce n’est pas le libertinage qui est creux. Ce sont les intentions qui s’y projettent.
On ne peut pas jouir sans être là. Présent, entier, vibrant. On ne peut pas explorer l’autre si l’on n’a même pas pris le temps de s’explorer soi-même. Et l’exploration, la vraie, ne commence pas entre deux corps — elle commence par une mise à nu émotionnelle. Le reste, ce n’est que du toc.
Si tu veux t’encanailler, alors fais-le pour de vrai. Pas pour fuir l’ennui, pas pour sauver ton couple à l’agonie, pas pour collectionner des partenaires comme des abonnés Instagram. Mais pour ressentir, vibrer, provoquer des frissons réels, des connexions brutes, du trouble assumé.
Le libertinage peut être beau, puissant, révolutionnaire. Mais seulement si tu t’y engages avec ton cœur, ta peau, ton respect. Sinon, tu continues juste à jouer dans un porno que personne ne veut revoir. Et où, à la fin, personne ne bande.