Premier pas en club
Par le passé, on parlait de clubs échangistes. De suite, ça affichait une couleur et une tonalité un peu différentes, une forme d’obligation. Et puis, peu à peu, est arrivé le célèbre « tout est permis, rien n’est obligatoire ».
Et, évolution des mœurs, pour rendre la chose plus présentable, les clubs échangistes sont devenus des clubs « libertins », retour à une vieille dénomination.
C’est quoi un libertin ?
Le mot vient du latin « libertinus » qui désignait un ancien esclave désormais affranchi. Au XVIᵉ siècle, il désigne des penseurs qui s’affranchissent des dogmes de l’Église et qui en contestent l’autorité.
C’est au XVIIIᵉ siècle qu’il prend la dimension qu’on lui connait aujourd’hui. À cette époque, il devient une liberté des mœurs, une recherche du plaisir, l’art de la séduction, la transgression des conventions morales et sociales. C’est le siècle des Liaisons dangereuses de Laclos, et à l’extrême de Sade.
Le libertin type devient l’aristocrate séducteur qui fait de la conquête un jeu calculé. Au XIXᵉ, le terme se dégrade encore et finit surtout synonyme de « débauché ».
Les deux types de clubs libertins
Aussi surprenant que cela puisse paraitre, il existe deux types de clubs. Le mouillé. Le sec.
Le mouillé
Principalement ouvert en journée, c’est sauna, jacuzzi, hammam. On se déshabille dans un vestiaire et on déambule avec une serviette serrée à la taille pour les hommes, et souvent autour de la poitrine pour les dames.
L’approche est plus douce, plus calme, on vient se poser, profiter des installations, parfois, se rincer l’œil aussi, on se touche dans le jacuzzi pour tenter une approche, on discute un peu, et si tout le monde est partant, on va jouer dans une alcôve.
Ce type de clubs est donc principalement ouvert en journée et est, à mon avis, la meilleure façon de prendre pied dans le monde libertin, surtout pour les personnes un peu timides, ou craintives.
N’en déplaise aux aventuriers, oui, l’univers libertin, quand on se décide à y aller, le passage du fantasme à la réalité a de quoi faire peur. Et ici, avoir un jacuzzi, un sauna, ou un hammam, ça permet de détourner l’attention de l’esprit sur des choses connues et agréables. Ça aide à prendre ses marques tranquillement puis à basculer dans le libertinage en douceur.
L’après-midi, il y a aussi moins de monde, l’ambiance est moins électrique, moins fauve, un peu plus civilisée.
Le sec
C’est la boîte de nuit, mais version libertine. Et là, les fauves sont lâchés. Enfin, selon les clubs, la piste de danse peut devenir un véritable lieu de débauche où chacun va rivaliser d’extravagance pour se montrer.
Avec ma douce, nous avons été quelques fois en soirée. Et plus c’est jeune, plus c’est de la débauche pour de la débauche. On vient pour disjoncter, se montrer, boire (beaucoup trop je crois) et consommer du sexe à outrance. On est dans un étalage de performance, sans retenue aucune.
C’est un délire comme un autre, après tout. Il faut avoir la santé. Parce que ça picole fort, ça baise à tour de bras, c’est quelque chose de particulier.
Il y a des clubs où la population est plus âgée, et sans surprise, c’est un peu plus calme. Un peu plus posé, et il s’en passe davantage dans les backrooms. La piste est souvent un espace de danse, au sens traditionnel, même si certains patrons n’hésitent pas à payer quelques danseuses qui viendront animer la piste en topless.
Quelques consignes
Renseignez-vous aussi sur la politique d’entrée avant de vous déplacer. Beaucoup de clubs réservent l’accès aux couples et aux femmes seules, filtrent ou limitent les hommes seuls, et certains fonctionnent sur réservation ou sélection à la porte. Un coup de fil ou un tour sur leur site évite une mauvaise surprise.
Pour débuter, sauf si vous aimez l’extravagance, rien ne vaut de venir en après-midi. Certains clubs proposent un extérieur, bain de soleil, parfois même une piscine, c’est vraiment l’idéal pour venir décompresser sans pression aucune.
Un premier contact en soirée peut se montrer écœurant et on peut avoir cette sensation d’oppression, car certains clubs sont vraiment bien pleins en soirée. Pas forcément l’idéal pour se lancer quand on se sent encore hésitant.
Dans tous les cas, même si des préservatifs sont disponibles gratuitement dans les clubs, venir avec les siens n’est pas un mal.
Il y a aussi une règle d’or, simple et non négociable : on ne touche personne sans y être invité, et un refus se respecte sans insister. Jamais. C’est ce qui rend l’endroit sûr et agréable pour tout le monde.
Ensuite, on veille l’un sur l’autre. On ne se lance que si l’envie est là, ça va permettre de vivre une expérience plus agréable.
Il n’est pas rare qu’il faille répéter l’expérience à plusieurs reprises avant d’en tirer un vrai plaisir. Les premières fois peuvent laisser un drôle de goût, une forme de déception, de culpabilité aussi. Le fantasme est une chose, la réalité est très différente. Elle demande très souvent d’y revenir pour se l’approprier.
Je ne dis pas que la première fois sera forcément décevante, elle peut être exaltante. Je dis que si cela t’arrive, ne sois pas déçu ou étonné.e. C’est normal. On perd un certain nombre de repères classiques. Surtout en tant que femme. Y’a de quoi se sentir comme une proie. Mais n’oublie pas, tu es la reine du jeu. Si tu ne veux pas, rien n’arrivera, jamais.
Dernière chose. Certains mecs sont vraiment lourds, manquent de finesse, de tact, ici, dans le couple, c’est aussi à Monsieur de montrer sa présence. Certaines femmes savent très bien se faire respecter, mais cela reste un univers à forte, très forte présence masculine. Et que Monsieur montre qu’il veille sur sa chérie, ça cadre les autres mecs, et ça peut être très rassurant pour madame.
Et enfin, avant de vous lancer, choisissez votre club, et soyez bien au clair entre vous, sur ce que vous allez chercher, sur ce que vous aimeriez y vivre. Allez sans pression, sans obligation, laissez-vous porter, vous verrez bien.



